spéléologie24

Sauvetage onéreux de spéléos imprudents !

 

Avec ses 34 km de développement pour une dénivellation totale de près de 400 mètres, la rivière souterraine du Verneau qui s'étend sous le territoire de trois communes du Doubs (Nans, Montmahoux, Déservillers), est le plus important réseau hydrogéologique de Franche-Comté.

   

Il est possible d'en faire une « traversée » partielle sur 8 km depuis le Gouffre des Biefs Boussets jusqu'à la Grotte Baudin  pour peu que les conditions météorologiques soient favorables.

De toute évidence elles ne l'étaient pas lorsque 6 spéléologues prétendument expérimentés se sont aventurés, samedi 5 janvier, dans cette cavité qui est à la 11ème place, en France, pour sa longueur topographiée.

 

 

Documents http://www.ligue-speleo-fc.com/ 

 

Engagées dans la nuit de dimanche à lundi les 3 équipes du Spéléo-secours français qui se sont relayées dans le réseau ne sont toujours pas parvenues à établir le contact avec les explorateurs que tous imaginent regroupés dans des salles ou galeries fossiles hors d'atteinte de la crue leur interdisant un retour en surface.

Une interruption des précipitations, qui perdurent pour l'heure, devrait entraîner une baisse du niveau des eaux souterraines autorisant la délivrance des reclus involontaires.

Le Périgord a connu, en décembre 2003, un semblable incident qui, lui aussi, a été motivé par une certaine inconscience de spéléologues réputés vis à vis des risques encourus. Depuis plusieurs jours de fortes pluies se déversaient sur le département lorsque 5 membres du Spéléo-club de Périgueux choisissaient de s'enfoncer dans l'évent de Font-Crue, près de Rouffignac. La grotte, accessible par un puits de  plusieurs mètres de profondeur, donnait accès à un cours d'eau trouvant son exutoire à faible distance. Surpris par une brusque montée des eaux, bien envisageable pourtant, ils s'étaient réfugiés dans une cheminée exiguë et ne devaient échapper à la noyade que grâce à une mobilisation sans précédent de sauveteurs accourus de plusieurs départements. 

Il ne se passe guère d'années sans que de pareils événements se répètent. En cause : un relâchement de la vigilance et le sentiment de pouvoir dominer les éléments naturels  induits par la banalisation médiatique d'exploits et de performances qui conduisent certains à jouer au chat et à la souris avec le danger !

Il n'est pas inutile de rappeler que les conduits karstiques ne sont que de modestes tuyaux et que ceux ci se remplissent avec une extrême rapidité !

Même en plein été, période sujette à de violents orages, l'exploration d'un réseau actif n'est pas sans danger. De la connaissance de son bassin d'alimentation, de son ampleur et de l'abondance des pertes et l'étendue des lapiés qui l'alimentent découle la décision de s'y aventurer ou non, surtout si des zones siphonnantes entrecoupent son cours hypogé.

En hiver, sauf si le froid et la neige restreignent le débit des circulations souterraines, la sagesse voudrait que seules les grottes fossiles fassent l'objet d'investigations ou deviennent le but de promenades.

Apparemment les spéléologues Francs-Comtois ont manqué de discernement !

 

Ch.C LE 7/1/2007 16 h 15

 

  À la diète !

 

Reclus durant 72 heures dans le gouffre des Biefs Boussets les 6 spéléologues francs-comtois, bloqués par une prévisible montée des eaux, n'ont « survécu » qu'au prix d'une  draconienne restriction de leurs provisions : nous n'avons « mangé qu'un pruneau et qu'un abricot sec par jour ». ont-ils déclaré à la presse qui en matière de sensationnalisme est restée sur faim !

Après les pantagruéliques agapes de fin d'année une petite diète n'était, de toute façon, pas de trop !

                

Pour faire taire une polémique naissante mais justifiée concernant l'irresponsabilité d'adeptes des randonnées souterraines qui se seraient mis délibérément en péril, M Jacques Barthélemy,  Préfet de Région, est intervenu rapidement sur les ondes de France-Info pour vanter leur expérience. «  On a affaire à des gens sérieux qui n'ont pas pris de risques inconsidérés … ce ne sont pas des amateurs ou des néophytes »  

S'aventurer, sans motif impérieux, dans un réseau actif alors que la crue menace ne serait donc pas, aux yeux de ce grand commis de l'État, un comportement répréhensible… On se perd en conjectures face à la mansuétude de ce jugement!

Qui, enfin, paiera la copieuse facture de ce sauvetage rocambolesque ? Les médias qui ont fait de trois fois rien leurs choux gras… ou le contribuable ?

 

Je suis du Doubs, Météo France avait été très claire vendredi : beaucoup de pluie dans ce secteur... C'est pourquoi je m'autorise à dire que ces gens ont pris des risques importants... la question est de savoir combien cela va coûter à la collectivité ?

Ecrit par : ZZtop | 09.01.2008

La presse fait état d'un montant de 150 000 €: de quoi rabattre le caquet à certains qui, comme notre ami Francis Guichard, nous conseillent de ne pas propager cette interrogation non fondée  à leurs yeux!

Ch.C le 24/1/2008



17/04/2008
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